ONPhI : Actualité

Éditos


Révisionnisme de la Non-Philosophie, réformisme de la Philosophie, négationnisme de l'Homme.
[1] On peut, certes, apprendre la philosophie à l'université. On peut aussi étudier la Non-Philosophie dans les institutions de la République. L'université même comme métaphasique de l'éducation est prophétisée dans n'importe quelle discipline. Voilà toute une dialectique entre philosophie, Non-Philosophie et institution universitaire qui peut devenir très désarçonnante. On le sait. Or, dans ce sens, l'Onphi, est plus le lieux d'une école, au sens militant ou initiatique, qu'une organisation burocratico-pédagogique.

[2] À la limite, et dans ce contexte, on peut imaginer que la philosophie soit la seule pédagogie possible de la Non-Philosophie. Mais, il s'agit seulement d'une pédagogie du type « cause occasionnelle » ou, plutôt, un enseignement sans pédagogie. Et, si l'on arrive au travail proprement transcendantal ou universel de notre discipline, ce n'est pas par les biais de la philosophie, non plus, moyennant la spéculation ou contre la pensée. La philosophie est seulement - ne fût-ce que une métaphore - l'objet et non le sujet de l'investigation théorique et pratique de l'étranger que nous sommes.

[3] En tant qu'étranger qui voit universellement la philosophie, la théorie non-philosophique n'est pas plus universitaire que française. L' « être français », en tout cas, n'est qu'un objet amphibologique du matériaux philosophique français. L'homme n'est pas français, mais il (est) avant d'être français, avant d'être tout court, uniquement réel.

[4] Voici donc que le problème de la transmission de la Non-Philosophie se pose dans toute sa radicalité. Se situer dans les lices non philosophiques implique, au moins, de bloquer, une fois pour toutes, le cercle vicieux du commencement, philosophique ou non, et de la critique perpétuelle portant sur les fondements. Les noms premiers avec lesquels opère la Non-Philosophie n'ont pas une histoire, si bien que leurs concepts philosophiques surviennent de loin ; ils ont seulement un futur. Ni Marx, ni Lacan, non plus Malebranche ou Althusser ne sont des fondements de la Théorie Première, ou rien qu'humaine, qui nous concerne.

[5] Laruelle, bien entendu, n'est pas Marx, ni l'Onphi, Dieu merci, la Troisième Internationale. Mais, qui plus est, mon maître n'est guère le vrai Lacan ni la Non-philosophie une analyse de la psychanalyse. Donc, notre investigation ne doit pas être orientée ni à la production de manuels de types soviétiques ni aux révisions philosophiques inséparables de la critique, du hégélianisme, même psychanalytique, et de la déconstruction. Ni parricide, ni trahison donc. Souhaiter que les résultats de la Non-Philosophie soient aussi, à la façon d'une simple philosophie, l'occasion de la critique ou du « perfectionnement » d'une « autre » Non-Philosophie possible ne peut qu'être la niaiserie de l'infini commencement. Le révisionnisme de la Non-Philosophie n'est que l'automatisme asservi des ersatz, des anthropoïdes ou, de préférence, des Golems d'une Kabbale philosophique qui résistent à abandonner un lieu qui ne leurs correspond pas, le lieu du Réel ou de l'Homme.

[6] S'interroger sur le commencement, le fondement, les « antécédents », les « airs de famille » de la Non-Philosophie n'est plus que reformer la philosophie, en rénovant son emprise anthropologique, voire, c'est continuer avec le génocide des guerres philosophiques et des batailles inutilement gagnées à la faveur d'une tradition qui n'existe que comme Holocauste de tout homme.

[7] Souvenez-vous, mon cher camarade onphiste, nous n'avons pas une Eglise, même pas une Tradition à critiquer, nous sommes d'une humilité difficile à supporter, car nous sommes purement les chrétiens hérétiques et fidèles d'un Christ futur.

Erik Del Bufalo le 10.03.2007
Une nouvelle ONPhI
Une "Nouvelle Onphi" dite encore "Onphi II" est créée, suite à la dissolution de l'association de l'Onphi au 21 janvier 2006. Ses objectifs généraux ne sont pas foncièrement différents de ceux de la première, en revanche son profil théorique et son mode de fonctionnement le sont. Ce cadre institutionnel est destiné à favoriser l'extension et la synergie des recherches menées autour de la discipline appelée "non-philosophie".

Son but immédiat est de fédérer les chercheurs qui, de près ou de loin, la revendiquent dans leurs travaux personnels. Son but théorique est d'approfondir la compréhension de son concept et de sa pratique, de tisser aussi des liens avec des tentatives parallèles, distinctes et parfois concurrentes, anti-philosophie, sans-philosophie, etc. Le critère de la pratique non-philosophique est relativement strict, mais l'appartenance à l'Onphi est prévue pour être multiple, elle peut être de pratique théorique rigoureuse, mais aussi tolérer des compagnonages, voire des intérêts ou des sympathies, des adhésions ou des méfiances qui trouveront éventuellement à s'exprimer sur le site. La non-philosophie est le "foyer".

De nouveaux statuts seront incessamment constitués, administrativement validés et publiés sous ma reponsabilité d'initiateur de la non-philosophie et d'ancien membre fondateur (parmi d'autres) et président de la première Onphi. A côté des informations et des textes qui seront publiés par ses membres après passage devant un Comité de lecture à constituer, je publierai régulièrement sur le site des textes de défense et d'illustration des principes, /quant à moi/, de la non-philosophie.

François Laruelle le 26.01.2006
Avertissement
L'Organisation non-philosophique internationale (ONPhI) constitue un cadre propre à favoriser la recherche théorique rigoureuse (ou en-Un) en créant en particulier les conditions d'une émulation entre des chercheurs pour la plupart isolés et disséminés à travers le monde.

Il s'agit moins d'ouvrir un club des non-philosophes ou une société savante non-philosophique que de lutter, avec des moyens organisationnels non-mondains forgés pour l'occasion, contre les mondanisations ou les « philosophisations » inévitables de l’hérésie non-philosophique laissée à elle-même.

Positivement, la tâche - le risque aussi bien - que l'ONPhI prend sur elle s'énonce : contribuer à développer la discipline non-philosophique tant en extension qu'en compréhension.

En extension, par la coordination a minima des applications, sur des matériaux particuliers, de telle non-philosophie constituée (à commencer évidemment par celle de François Laruelle, qui est à ce jour, et de très loin, la plus stable, la mieux assurée d'elle-même, de ses principes et de ses procédures, et donc aussi la plus féconde).
En compréhension, en légitimant et en démultipliant l'invention de nouvelles formes de mises en cause de la suffisance philosophique sur la base du Réel, de la détermination en dernière instance et de la philosophabilité du matériau mondain.

Il y va ainsi d'une organisation des hérésies, c'est-à-dire d'une tentative pour donner une patrie (formelle) aux hérétiques de tous les pays.


ONPhI le 02.05.2003