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Qu'est-ce que vivre ? Renonciation et accomplissement

Patrice Guillamaud, Qu'est-ce que vivre ?, L'Harmattan, Paris, avril 2008.
Il y a une différence essentielle entre la vie et l’existence. Si la réussite relève de l’existence, à savoir de la superficialité consciente et dérisoire de la vie, l’accomplissement relève au contraire de la vie en tant que vie à savoir de la profondeur vitale. Mais quelle est l’essence même de cette profondeur ? Il s’agit ici de montrer que par essence, la profondeur concrète de la vie est une spontanéité affective entendue comme non-liberté ou renonciation.
Nous prévenons les âmes sensibles que la lecture de ce livre peut provoquer un étonnement. Le point de vue y est en effet purement cynique. Mais, c’est le cynisme même de l’analyse qui conduit à découvrir que la grandeur morale, loin d’être une exception ou une abstraction, est l’essence la plus concrète et la plus universelle de toute vie. Nous verrons en effet que, dans la vie des grandes ordures, comme dans celle des grands saints et des grands médiocres, c’est une seule et même loi morale qui, loin d’être un idéal illusoire ou abstrait, gouverne réellement et absolument. Dans la fausse gloire du mal et du bien comme dans le faux anonymat de la médiocrité, c’est une seule et même grandeur de la vie et de l’humanité qui s’exprime, irrémédiablement.

Patrice GUILLAMAUD, agrégé de philosophie et docteur (NR), est professeur de khâgne au lycée Descartes à Tours. Indifférent, comme les non-philosophes, à la sclérose institutionnelle, il travaille à l’élaboration d’une nouvelle manière de penser la réalité, à savoir à une nouvelle science philosophique, l’ousiologie.
L'espace de la pensée française contemporaine

Hugues Choplin, L'espace de la pensée française contemporaine, L'Harmattan, Paris, juin 2007.
Aussi inventive soit-elle, la pensée française contemporaine relève d'un espace borné. Déterminer la teneur et les limites de cet espace, tel est l'objectif de cet ouvrage.

Aux frontières de la pensée française contemporaine, Hugues Choplin privilégie deux révélateurs : Emmanuel Levinas et François Laruelle. Leur examen le conduit à dégager et à confronter les deux figures que sont le face-à-face avec l'Autre (Marion et dans une certaine mesure Henry, Blanchot et Badiou) et le mouvement machinique (Deleuze, Derrida, Foucault, Bataille). En quel sens l'humanisme de l'autre homme de Levinas et la non-philosophie de Laruelle peuvent-ils nous mener au-delà de l'espace que délimitent ces deux figures contemporaines ?

La construction topologique ici déployée amène en définitive l'auteur à éprouver et à questionner l'élément même de la pensée française contemporaine : le pouvoir, entendu comme autorité transcendante ou bien comme puissance immanente. Comment se délivrer aujourd'hui de cet élément et des figures qui le reconduisent ?


Hugues Choplin, docteur en philosophie (Paris-X), ingénieur de Télécom Paris, est enseignant-chercheur à l'Université de Technologie de Compiègne. Sa recherche s'appuie sur une analyse critique aussi bien de la philosophie contemporaine que du mouvement qui, aujourd'hui, traverse les entreprises et les organisations. Il a publié deux livres (Kimé, 1997 et 2000) et dirigé le numéro « Tourner la phénoménologie » de la Revue philosophique (PUF, mai 2004).
Mystique non-philosophique à l’usage des contemporains

François Laruelle, Mystique non-philosophique à l’usage des contemporains, Mai 2007, 286 pages.

Les contemporains, avec leur indifférence à la religion et leur désir de refuge sectaire, sont-ils encore capables d’une jouissance mystique rénovée et sans croyances ? C’est le pari de cette théorie des messies, de ces sujets-Étrangers venus de Nulle Part et de Nul Temps dont le seul effet est de transformer le monde.

Notre fidélité ne va plus à Dieu mais aux Humains et aux sujets qu’ils clonent. Après tant de destructions, ils demeurent les vrais messies pour ce temps et ce monde qui les reçoivent malgré eux comme éternels et célestes. Sur la base de cette découverte « philosophique » d’une messianité immanente dépourvue de toute historialité, nous reformulons un Verbe qui emprunte librement ses matériaux et ses symptômes à la mystique chrétienne, à la philosophie néoplatonicienne et à la gnose. Comment lire les mots mais pas les concepts de Maître Eckhart ou de l’Hésychasme russe, des pensées grecque, judaïque, gnostique au seul profit de ce que peut l’Homme ? Nous réhabilitons par exemple contre les dogmes religieux l’hérésie, et l’Enfer contre les lâchetés théologiques modernes. L’effet d’ensemble peut être dit une christo-fiction plutôt qu’un christo-centrisme.

Cet essai est le second volume du Triptyque amorcé par Le Christ futur. Une leçon d’hérésie.