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Sans Condition
Sans condition : Blanchot, la littérature, la philosophie.
Ouvrage de Olivier Harlingue
Paru en avril 2009 chez L'Harmattan,
Coll. : Nous les sans-philosophie.
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Philo-fictions, la revue des non-philosophies
- La fiction, une nouvelle rigueur130 pages, n° ISSN : 2100-0743
Appel pour le N° 3 :
Traduction, une dernière fidélité
Läwen Sven

Actuellement, Läwen prépare à Paris son mémoire en philosophie sous le titre de travail « La dimension performative des 'philosophies post-continentales' d’immanence ».
Le point de départ de ce travail est la discussion critique des nouvelles philosophies françaises d’immanence de Gilles Deleuze, Alain Badiou, Michel Henry et de François Laruelle. Malgré leurs différences méthodologiques et la divergence de leurs objectifs, le retour aux catégories immanentes de la biologie (Deleuze), des mathématiques (Badiou), de l’affectivité (Henry) et de la science axiomatique (Laruelle) les allie, soulignant ainsi un retournement de tendance dans la pensée « continentale ». Il s’agit pour moi de travailler sur les différences internes parmi ces conceptions, tout en tenant compte de leur consistance et de leur adéquation. Les points de démarcation de la discussion sont, à côté de l’idée de l’immanence, entre autres le concept de vie, la théorie du sujet et l’éthique vécue de l’immanence.
J’évoquerai très probablement les problématiques et questions suivantes : Deleuze, n’abandonne-t-il pas l’idée d’immanence en développant une « ontologie des deux mondes » qui se porte sur le virtuel et l’actuel ? Les ontologies monistiques d’Henry et de Badiou, ne sont-elles pas trop exclusives en construisant une philosophie consistante à partir du seul monde de l’actuel (en ce qui concerne la phénoménologie de la vie d’Henry qui s’éprouve elle-même) ou du virtuel (quant à la mathématisation de l’ontologie comme théorie des ensembles chez Badiou) et ainsi en excluant d’emblée certains phénomènes ? La philosophie de l’auto-affection non-réflexive d’Henry, ne fend-elle pas l’immanent monisme ontologique de l’affect en dénotant absolument une conscience réflexive qui doit s’éprouver elle-même en même temps ? Laruelle, ne remédie-t-il pas au dilemme du recours spéculatif que la philosophie fait nécessairement référence à elle-même comme métaphilosophie avec sa conception d’une « non-philosophie » comme science philosophique au prix d’une relation transcendante entre « non-philosophie » et philosophie ? Selon Derrida, ne faut-il pas que chaque essai d’immanence (c’est-à-dire d’une présence non déviée) échoue nécessairement parce qu’elle est toujours franchit par la transcendance (ou absence) ? Peut-on suite à Deleuze affaiblir les paradoxales qualités représentationnelles de l’auto-relation comme objections par la matérialisation immanente du paradoxe et du recours en forme d’« une vie », d’une « vie impersonnelle et pourtant singulière », qui ne fait pas preuve d’elle-même, mais qui néanmoins montre quelque chose ? Se peut-il que la seule chose qu’on puisse finalement exprimer comme immanence, sans retomber dans une représentation transcendante pour parler avec Ludwig Wittgenstein, n’est pas dire, mais montrer ? L’immanence, émerge-t-elle d’un mouvement dynamique d’auto-création et d’auto-représentation d’« une manière d’exister impersonnelle », que Maine de Biran définit comme une simple faculté organique d’affection sans personnalité ? Une vie immanente, ne réfère-t-elle pas comme un signe de lui-même comme performance pure à rien d’autre que sa propre et irréductible présence corporelle ? Une immanente pratique philosophique de desubjectivation et de résubjectivation, qui force toujours la pensée du côté de non-pensée à regarder les choses autrement, présente-t-elle eo ipso comme performative, c’est-à-dire constitutive pour la réalité et auto-référentielle ? Est-t-il nécessaire de modifier le centre d’étude du caractère textuelle au caractère d’événement d’une vie vécue comme une performance immanente ? Quels modes d’expression performative sont à la disposition d’une philosophie d’immanence par rapport à la poésie (John Keats, Arthur Rimbaud, Fernando Pessoa) ou à la religion (Zen) ? Une philosophie d’immanence, arrivera-t-elle à abolir la distinction courante en philosophie contemporaine entre la théorie et la pratique ? Quelles sont les méthodes d’évaluation immanente (éthique) et d’expérience immanente (créativité) ? Une éthique vécue d’immanence, est-elle par nature descriptive, neutre et sans jugement de valeur, parce qu’autrement une hiérarchie ne risquerait-elle pas l’introduction dans l’immanence de la valorisation d’une chose au détriment d’une autre ? Finalement, dans quelle mesure semble-t-il justifié de parler d’une « philosophie post-continentale » quand il s’agit d’une approche changeant évidemment ce qu’on appelle philosopher ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un trompe-l’œil brutal d’une distinction géoculturelle, concernant la catégorisation de la « philosophie continentale » et de la « philosophie analytique » ?
Läwen a fait des études en philosophie, mathématiques, physique, musicologie, philologie grecque et philologie latine à Tübingen, Heidelberg, Berlin et Paris.