- Non-esthétique théorique - prolégomènes
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Déjà lu : 2001
§ 0 : La NON-ESTHETIQUE artificielle qui est une description fractale généralisée, ne
prétend pas avoir une quelconque utilité pour l'Un-créateur, néanmoins :
1) l'instrument théorique ainsi acquis aura une objectivité radicalement non-
objectivable où l'Un-créateur et le support (ou occasion, matériau) ne se mélangent plus
dans une dyade philosophique ; 2) cet organon fait droit à un réalisme de-dernière-
instance sans unité de synthèse et pense l'Un-sans-Etre ; 3) L'Un-créateur entretient
des relations analogues à l'Un non-philosophique, si bien que lon pourra importer les
règles non-philosophiques à la non-esthétique ; 4) la Force (de) création est l'analogue
de la Force (de) pensée appliquée à la sphère artistique ; 5) la mise-en-chaos de
l'esthétique sous les conditions non-philosophiques rend possible des langages-chaos en
non-esthétique. Les énoncés ainsi produits possèdent une propriété spécifique :
l'unilatéralité.
§ 1 : La NON-ESTHETIQUE (ou théorie unifiée de la philosophie et de l'esthétique,
esthétique ordinaire, mode esthétique de la non-philosophie, esthétique minoritaire,
esthétique hérétique, esthétique première) est la théorie non-thétique de l'esthétique
philosophique.
§ 2 : Cette théorie non-thétique est la science des essences universelles des œuvres d'art
déterminées en-dernière-instance par des vécus réels. Il ne s'agit plus d'élaborer un
système des Beaux Arts, toujours hiérarchique et postulant l'existence d'une essence
générale de l'art (essence de type philosophique).
§ 3 : Cette science est donc seconde par rapport à sa cause réelle (le réel-Un, le vécu-Un des
arts) mais accompagne le vécu-Un ; on dira qu'elle est d'une objectivité-sans-objet. Elle
postule une égalité-sans-rapport et le caractère occasionnel des différences.
§ 4 : Le savoir non-esthétique se tient entre deux types de donné hétérogènes : la cause de
l'art (ou l'Un-créateur) et le matériau qui spécifie ce savoir (ou les œuvres, les théories
esthétiques, …). Ces deux donnés ne forment plus une dyade philosophique (ou un
mixte variable d'immanence et de transcendance) qui par une opération philosophique
surdéterminante reconstituerait l'essence de l'œuvre, mais une dualité unilatérale. Ce
deux-sans-dyade de l'affect esthétique évite ainsi 1) la matrice de la Décision
philosophique (Dph.), matrice fractionnaire à 2/3 ou 3/2 termes (selon que la
philosophie est en manque ou en excès d'elle-même) faisant synthèse ou hiérarchie 2) la
matrice de la Différence, matrice à ½ terme et 3) les avatars de cette structure à ½ terme
(par exemple l'Un métaphysique).
§ 5 : La cause de l'art est hors de l'art.
§ 6 : Le vécu subjectif en-dernière-instance est une émotion-de-beauté, véritable affect
esthétique instantané, indépendant, antérieur aux causes techniques et déterminations
stylistiques de l'œuvre. Il n'y a donc plus d'auto-position (auto-donation, auto-
législation, auto-nomination, auto-validation) de l'effet esthétique qui prétend pouvoir
co-déterniner le réel.
§ 7 : Ce vécu est l'affect-Un ; il garde son identité et donc ne saliène pas dans le Monde ou
l'œuvre. On dira alors, de même que l'Un inaliénable, qu'il na pas sa place dans le
Monde mais que ce dernier l'accompagne.
§ 8 : L'affect esthétique un affect (de) soi, solitaire, non-produit, non-constitué, déjà-donné,
immanence transcendantale - c'est-à-dire non-positionnel (de) soi. Son caractère
esthétique résulte de la présence simultanée du vécu-Un et des supports ou moyens de
l'œuvre ; c'est une affinité miraculeuse de l'affect (de) soi et du Monde.
§ 9 : Il existe une Résistance à l'affect esthétique, celle-ci est le Monde, le contraire de
l'affect (de) soi.
§ 10 : La syntaxe non-esthétique (ou unitaxe) est celle-ci : soit X et Y ; Y est avec X qui reste
indépendant ; elle est fondée sur l'Identité (de) la Dualité.
§ 11 : les conditions réelles de l'expérience esthétique et celles de l'objet de l'expérience
esthétique sont identiques en-dernière-instance.
§ 12 : L'affect esthétique est premier, le corps de l'œuvre second.
§ 13 : Le corps de l'œuvre déréalise le Monde : 1) il est dés-affecté puisque le réel s'est
réfugié dans l'affect ; 2) et dés-objectivé puisque le contenu sensible (ou l'affect) ne le
déternine plus.
§ 14 : Le fictionnal, cest-à-dire le corps de l'œuvre, est rempli des pulsions statiques qui ne
sont pas déterminées ou spécifiées par le travail de l'artiste, l'objectivité-sans-objet est
donc un Multiple-sans-continuité, c'est-à-dire un chaos.
§ 15 : Le chaos est une multiplicité de pulsions statiques dirigées unilatéralement vers la
Résistance dont la cause est la subjectivité-de-dernière-instance.
§ 16 : Le chaos / l'incertitude / les Identité d'hésitation.
§ 17 : le Principe d'Art Suffisant (PAS).
§ 18 : Le degré d'incertitude qu'apporte la pensée non-décisionnelle, non-positionnelle, non-
temporelle, vue-en-Un, par le suspens du Principe d'Art Suffisant (PAS) à l'esthétique
philosophique peut être nommé ESTHETIQUE ORDINAIRE. Celle-ci unifie, de même
que la non-philosophie, en dernière instance, le sujet philosophique et une subjectivité
radicalement immanente. Elle remédie aux prétentions aporétiques de l'esthétique
philosophique.
§ 19 : L'ESTHETIQUE ORDINAIRE est conciliation sans médiation des opposés : accord
sans système de l'Un-créateur et du Monde, c'est l'essence de la création.
§ 20 : On pourrait élever contre notre théorie les objections suivantes :
1) L'Un-créateur ne serait qu'un concept philosophique de plus et finalement
convertible avec l'Etre – nous répondons qu'à l'instar de l'Un non-philosophique (l'Un
en-tant-qu'Un) l'Un-créateur détermine un nouvel usage de l'esthétique de façon non-
réciproque ou unilatérale, qu'il est une immanence vécue avant toute représentation, que
son Identité réelle précède l'identité logique et donc celle aussi du logos ou de l'Etre –
2) le suspens du Principe d'Art Suffisant serait toujours une idéalisation de type
philosophique qui maintiendrait la réciprocité parménidienne du réel et du langage – à
quoi nous ne répondons pas.
etienne brouzes